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Correspondance prisonnières

Publié le vendredi 27 février 2009

Depuis l’occupation de 1967, environ un million et demi de palestiniens ont connu les geôles israéliennes. Palestine 33 correspond avec 3 prisonnières de la bande de Gaza. Souvent nous n’obtenons pas de leurs nouvelles. Lors de notre mission de 2006, nous avons pu avoir quelques infos. Mais cette correspondance régulière que nous adressons, même quand elle ne leur est pas remise (on ne le sait parfois qu’à leur libération), montre aux geôlier(e)s qu’elles ne sont pas oubliées.

Avec les associations de soutien aux prisonniers du peuple palestinien rejoignons les « correspondants-solidaires » pour envoyer des lettres aux prisonnières palestiniennes.

Commencer par les prisonnières politiques palestiniennes se justifie par des raisons pratiques, au vu de leur nombre limité, mais aussi à cause de leurs conditions de détention particulièrement violentes.

Pour les prisonnières, le courrier marque notre soutien et notre solidarité envers elles. L’afflux de lettres aux prisons représente une protestation contre la politique israélienne, contre les violations des droits des prisonniers et des droits humains.

Pour parvenir à un envoi important de lettres, il est proposé de se mettre à plusieurs pour écrire à chaque prisonnière. Exemple : 4 personnes écrivent à tour de rôle chaque semaine. Ainsi, la prisonnière reçoit 4 lettres par mois. Ces 4 personnes peuvent s’entraider et se soutenir dans la durée.

Les lettres sont à écrire en arabe ou en anglais de préférence. Mais, plutôt que de laisser passer son tour, il est préférable d’écrire quelques mots en français, l’essentiel est de respecter le calendrier.

A propos du contenu des lettres

Pour tenir compte des recommandations d’Addameer et du témoignage d’anciens prisonniers on peut dire que le courrier devrait :
-  Apporter son soutien et sa solidarité dans leurs épreuves.
-  Parler de notre vie au quotidien, c’est un peu d’évasion pour elles et surtout, l’écho d’un peu d’humanité dans leur univers complètement déshumanisé.
-  Un sujet à ne jamais aborder : le conflit israélo-palestinien.

Les lettres leur parviennent-elles ?

Légalement les prisonnières ont le droit de recevoir du courrier et le droit d’en envoyer. Seulement tout le courrier passe par la censure. Dans le meilleur des cas, la lettre mettra 2 mois pour parvenir à sa destinataire et la lettre retour empruntera le même chemin... Soit, un minimum de 4 mois pour recevoir une réponse.

Pour nous, même si le courrier ne leur parvenait pas, il est important d’écrire et de poursuivre un rythme régulier d’envoi (c’est la raison de notre organisation).

En maintenant un envoi massif de courrier à la prison, nous exerçons une pression sur les autorités carcérales et israéliennes (elles seraient trop heureuses que notre mobilisation s’étiole au bout de quelques mois). D’autre part, en envoyant des copies de nos lettres à l’association Addameer, les avocats peuvent dire aux prisonnières l’importance du courrier qui arrive pour elles. C’est ce que vient de nous confirmer cette association en nous disant combien les prisonnières sont contentes de savoir qu’elles ne sont pas oubliées.

On peut envoyer des lettres ou de simples cartes, des photos.... Pour plus d’information sur les détenus, vous pouvez visiter les sites Palestiniens suivants :

- http://www.addameer.org
- http://www.alhaq.org
- http://www.pchrgaza.org

Vous pouvez aussi taper des mots clés à partir des serveurs comme "Nadi al Assir" (Club des prisonniers)...

Si vous désirez participer à cette correspondance solidaire et pour avoir l’adresse d’une prisonnière à qui écrire contacter nous : palestine33@laposte.net

LES PRISONNIERS PALESTINIENS

La question des prisonniers est l’une des plus brûlantes pour les Palestiniens. Presque chaque famille palestinienne a connu l’incarcération ou la détention. Les peines vont de la détention administrative courte à de l’emprisonnement à long terme, dont plusieurs condamnations à vie. Depuis l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza en 1967, environ un million et demi de Palestiniens ont connu les geôles israéliennes.

En novembre 2006, le Comité International de la Croix-Rouge estimait à 11 500 le nombre de détenus palestiniens détenus en Israël, où ils sont majoritairement soumis à des conditions d’incarcération inhumaines, voire à la torture.

Parmi ces prisonniers, il y a environ 120 femmes, 400 jeunes de moins de 18 ans, et 75 personnes de plus de 55 ans. Certaines femmes ont des bébés, dont quelques-uns uns sont nés en prison.

Les détenus sont souvent malades.

Certains sont des résistants, d’autres des citoyens qui ont essayé de passer les points de contrôle israéliens pour trouver du travail ou se rendre à l’hôpital ; beaucoup sont des proches de militants, et sont utilisés comme leviers contre eux. Presque tous les gamins incarcérés le sont pour avoir jeté des pierres contre les chars.

Depuis septembre 2000, 37 prisonniers palestiniens ont trouvé la mort dans les prisons israéliennes.

Depuis cette date, l’armée israélienne a ouvert plus de 34 centres de détention illégaux en Cisjordanie pour faire face au nombre très important de détenus et de prisonniers palestiniens.

La politique israélienne d’arrestation se poursuit malgré tous les accords signés et en dépit des trêves respectées par les groupes palestiniens.

Ainsi ont été arrêtés les leaders tels que Marwan Barghouti en 2002, Ahmad Saadat en 2003, puis il y a presque un an plus de 25 membres du Conseil législatif palestinien, des ministres dont le président du Conseil le Dr.Aziz Dwik, les députés Hussam Khader, Mohamed Jaabri etc., et des dizaines de responsables de plusieurs partis politiques palestiniens. Marwan Barghouti, qui, après avoir échappé à une tentative d’assassinat en 2001, avait été kidnappé par l’armée israélienne à Ramallah, le 15 avril 2002, a été condamné par une cour israélienne à cinq peines de prison à vie.

Les prisonniers sont entassés dans des camps militaires, des colonies transformées en camps de détention ou des prisons en Palestine. Nombre d’entre eux sont aussi détenus en Israël, dans des centres de détention, dans des camps de toile sous le climat implacable du Néguev ou dans certains lieux secrets comme l’infâme « prison 1391 ».

La détention administrative est une mesure illégale et arbitraire. Elle consiste en un emprisonnement pour une durée inconnue, sur ordre militaire. Elle se fait sans procès et donc sans jugement. Une commission d’étude se borne à un examen périodique de l’affaire. L’information qui est à l’origine de la détention est classée "secret", donc le détenu n’a pas d’avocat et ne peut rien contester. Depuis le déclenchement de l’Intifada al-Aqsa, en septembre 2000, la détention administrative est massivement réutilisée et le nombre de détenus administratifs a parfois dépassé plusieurs milliers. Beaucoup de ces détenus administratifs (souvent des intellectuels) se trouvent dans la prison du Naqab (Neguev).

Tous souffrent de mesures répressives en violation évidente de toutes les chartes internationales.

Presque tous subissent de longs interrogatoires, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux.

Il arrive en outre que les autorités israéliennes placent en détention administrative des prisonniers qui ont fini de purger leur peine. C’est notamment le cas de Saleh el Arouri, qui a fini sa peine de 10 ans, mais n’a pas été libéré, et est passé à partir de mai 2003 à la détention administrative

Il est aussi de plus en plus fréquent que la détention d’un prisonnier soit renouvelée automatiquement. Cela constitue une pression morale très forte sur les détenus.

D’après l’ONG israélienne des droits de l’homme B’Tselem, en novembre 2006, Israël retenait environ 700 Palestiniens en détention administrative.

Ces détentions sont totalement illégales au regard du droit international, qu’Israël bafoue en toute impunité.

Au mépris du respect des droits humains, des immunités parlementaires, et des règles internationales, les conditions de détention pour les prisonniers palestiniens, y compris les détenus politiques, sont inhumaines : cellules individuelles, insalubrité, absence de soins médicaux, regroupement de plus de 30 personnes dans une seule tente, amendes incessantes soutirées par l’administration pénitentiaire, pression psychologique, interdiction d’avoir un avocat, violences physiques, torture (avec privation de sommeil, isolement, etc.). Le Droit international est sans ambiguïté : il interdit les mauvais traitements et la torture, et n’accepte aucune circonstance atténuante. Mais B’Tselem et Hamoked, une autre association de défense des droits de l’homme, ont beau dénoncer les pratiques israéliennes, elles n’obtiennent jamais gain de cause : par exemple, aucune enquête criminelle n’a été ouverte, alors que des centaines de plaintes ont été déposées à propos du comportement des agents de sécurité.

Á cela s’ajoute la privation de visites, la majorité des prisonniers étant enfermés à l’intérieur d’Israël. Or, entrer en Israël est interdit à la plupart des Palestiniens, et, même avec l’aide du CICR, les familles ne réussissent pas à obtenir le droit de visiter leurs proches en détention. Le CICR affirme qu’Israël ne remplit pas ses obligations relatives au droit international. Notamment il ne respecte pas l’article 76 de la Quatrième Convention de Genève, stipulant qu’il est interdit à l’occupant de sortir d’un territoire occupé des citoyens en détention. En passant outre à cet article, Israël empêche que les détenus aient des visites de leur famille.

De temps à autre, dans un grand tapage médiatique pour donner l’image d’un Etat respectueux du droit et de la justice, Israël consent à libérer, à ses propres conditions, un certain nombre de prisonniers palestiniens. Mais il ne s’agit que de postures cyniques, ces gestes de prétendue bonne volonté étant toujours suivis de l’arrestation de nombreux autres Palestiniens. En fin de compte, la question des prisonniers palestiniens est un révélateur précis de la nature d’Israël, un Etat qui prétend être une démocratie, mais dont les pratiques réelles sont celles d’une dictature.

Monique ALLEGRE (Palestine 13)

Nicole DELAVEAU (Palestine 33)


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